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Articles de la rubrique "Troubles anxieux, douleurs, soins palliatifs"
Précision et réflexion sur l’utilité de la musicothérapie lors de l’accompagnement en fin de vie
Mercredi 23 Juillet 2008 à 20:37 Publié par nico-musicotherapie dans Troubles anxieux, douleurs, soins palliatifs
Fin janvier 2005, la neuropsychologue d’une maison de retraite me proposa d’accompagner deux personnes en fin de vie : Mr G**** décès imminent des suites de sa maladie, et Mr M****, suite à une hospitalisation.
Lors de ma formation en musicothérapie, aucun cours n’a traité de son utilisation en soin palliatif, pas de trace dans mes livres … alors je me suis tourné vers internet. Les sites trouvés mentionnent que la musicothérapie est utilisée en soin palliatif mais aucun n’explique vraiment de quelle manière s’y prendre. J’ai trouvé aussi un site très intéressant qui explique grosso modo la différence entre l’euthanasie et les soins palliatifs. L’objectif de l’euthanasie étant la mort de la personne ; tandis que l’objectif des soins palliatifs étant la vie de la personne. Il faut donc que tout musicothérapeute confronté comme moi dans ce genre de situation s’intéresse, se focalise sur la vie restante de la personne et non sur sa mort. J’ai estimé le temps de la séance à ½ heure, et je pense faire écouter de la musique, dans un même système que la détente psychomusicale sans induction verbale. C’est ce que je fis avec Mr M**** (M. G**** étant décédé peu de temps après). Pendant ½ heure, je lui ai fais écouter un morceau de détente psychomusicale, il n’y a pas eu de manifestations quelconques, un bras levé à deux reprises et des variances de respiration appartenant sûrement aux effets secondaires de la morphine. Néanmoins, je trouve que cette méthode présente trop de limite et cette première approche soulève quelques questionnements : est-ce que la personne souhaite un accompagnement ? Est-ce que les œuvres utilisées conviennent-elle à la personne ? Et la famille, les proches dans tout cela ? Je ne me trouvais plus sur un registre où je devais tenter de faire verbaliser la personne, mais bien de l’accompagner, de lui donner goût à ce qu’il lui reste de vie. Je pense qu’une diffusion d’œuvre pendant ½ heure semble correcte, mais quelles œuvres utiliser ? Dans l’accompagnement d’une personne en fin de vie, il y a deux critères très important, deux plages de travail à prendre en compte : l’accompagnement en lui-même et le travail de deuil de la famille. Pour accompagner la personne et lui diffuser des œuvres de musiques, j’ai besoin de connaître la « vie musicale » de la personne, c’est-à-dire ses goûts, ses connaissances, ses préférences. Si la personne concernée ne peut pas me renseigner (coma, dégénération, etc.) c’est à la famille qu’il faut m’adresser. Ainsi peut commencer un travail de deuil en l’impliquant de son savoir sur ma manière de travailler. En me disant les goûts de leur parent, elle pourra intervenir d’une certaine manière dans ce processus thérapeutique. Si les familles sont au courant que l’un de leur proche est au bout de sa vie, il n’en vient qu’une attente interminable, va-t-il mourir ? Aujourd’hui ? Demain ? La famille se confronte à dire « au revoir », ou plus justement « adieu » à leur parent et cette démarche peut se révéler difficile, au point de renoncer à le faire. Or la musique nous permet non seulement « d’identifier » une personne dans son ensemble (de la reconnaître à travers elle) mais également de faire passer un message. L’exemple le plus frappant est la musique diffusée post-mortem lors des cérémonies funèbres. « C’était sa musique préférée … il/elle chantait souvent cette chanson … nous nous sommes rencontrés sous cette valses … je lui dédie cette musique… etc. ». La musique, avec ce caractère sacré qu’elle a au plus profond de nous, donne la possibilité de faire passer de nombreux messages et véhicule en-deçà de son écoute, notre propre mémoire (avec ses bons et ses mauvais souvenirs, avec ses bons et ses mauvais sujets). Je conclue que la bande sonore à diffuser doit retracer l’ensemble de « l’histoire musicale » de la personne et doit inclure également, afin de commencer un processus de deuil, le choix propre et intime de ses proches. Malheureusement, avec cette méthode je me confronte à une difficulté : les enregistrements sonores. Il a fallu attendre 1940 pour que le vinyle soit utilisé et 8 ans plus tard pour qu’un format sorte dans sa commercialisation. Il me semble évident qu’il a fallu attendre encore quelques années pour que le disque vinyle et le tourne-disque soit abordable financièrement. |
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